SEPT FRÈRES EXÉCUTÉS À BUTA (ZAÏRE)

SEPT FRÈRES EXÉCUTÉS À BUTA (ZAÏRE)

Le F. Léonard de Port-Maurice a passé la majeure partie de sa vie en Afrique : au Gabon, en Ethiopie, au Congo-Kinshasa.

Le F. Laurent-Joseph fut provincial de Belgique de 1947 à 1965 et partit travailler au Congo-Kinshasa à 54 ans.

Le F. Stanislas-Joseph, qui vécut 32 ans au Congo-Kinshasa, y dirigea les écoles d’Ango et de Baye et fut un temps supérieur du district.

Le F. Bernard-Joseph a passé 15 ans au Congo-Kinshasa où il composa quelques ouvrages didactiques (manuel de français, éducation physique, géographie).

Le F. Guido-Maria dirigea l’école technique de Baye de 1956 à 1964.

Le F. Gilbert-Francois, professeur à Bondo, est resté seulement sept ans au Congo (à deux reprises).

Le F. Hubert de Montfort n’était arrivé au Congo qu’en 1963.

 

La nuit du samedi 29 au dimanche 30 mai 1965 s’est passée sans incidents pour les 50 otages emprisonnés dans les prisons de Buta. Leur sort dépend du colonel Makondo. Ils le savent bienveillant, mais aussi impulsif et imprévisible. Or, non seulement, il refuse de se rendre aux troupes de libération, mais, le dimanche matin, il ordonne de « massacrer tous les missionnaires de sexe masculin ». L’attente est longue pour tous, surtout pour les hommes qui se demandent si l’ordre sera exécuté.

A 17 h, une soixantaine de Simbas, la plupart jeunes, arrivent avec des cordes et des bâtons et font sortir les 31 religieux, pères et frères. Ils les déshabillent, lient leurs bras derrière le dos et les emmènent à 400 m au bord de la rivière Rubi. Insultes et coups pleuvent mais aucun cri parmi les missionnaires. Des religieuses congolaises entreront plus tard en contact avec les Simbas qui, diront-elles, « ne parvenaient pas à comprendre comment il était possible à des hommes d’aller à la mort avec tant de courage, de calme et pour certains avec le sourire aux lèvres. »

Les Simbas font descendre les hommes un à un jusqu’au bord de la rivière, leur donnent un coup de couteau au côté droit, un coup de machette sur le cou et les jettent à l’eau. D’autres rebelles en pirogue achèvent au fusil ceux qui réagissent encore. Aucun corps ne sera retrouvé, sauf, une semaine plus tard, celui du F. Laurent, sommairement enterré sur la berge. On suppose que certains Simbas, à qui il donnait des cours, ont voulu le sauver mais d’autres s’en sont aperçu et l’ont tué. Il sera ramené de Buta à Bondo. Ce F. Laurent-Joseph avait écrit dans sa dernière lettre à son frère Paul, le 1er avril : « Nous sommes à une excellente école : école de la souffrance, du détachement, de l’abandon, de la foi, de la confiance, de l’obéissance aveugle, de la prière. De combien de choses l’homme peut se passer aisément, à condition toutefois de se rejeter sur Dieu qui comble toutes nos lacunes. Dieu nous a choisi pour que Saint-Gabriel offre sa quote-part de mérites pour le rachat des âmes. »