Les messages livrés par les trois supérieurs généraux, le 11 septembre 2016, à Pontchâteau

Les messages livrés par les trois supérieurs généraux, le 11 septembre 2016, à Pontchâteau
johnkallarackalChers amis, nous voici arrivés à la conclusion du tricentenaire de la mort de Montfort. Depuis mai 2015, les activités, les célébrations, les partages se sont succédés. Il y a cent ans, des célébrations aussi ont eu lieu. Mais, comme nos congrégations ont changé depuis! À l’époque, elles étaient largement concentrées en Europe. Peu de laïcs participaient à nos projets. Aujourd’hui, je vois des gens de tous les continents. Je vois des laïcs heureux de collaborer à la vie spirituelle et aux projets de notre famille montfortaine. Je vois nos trois congrégations réunies pour prier et travailler ensemble à travers le monde. Parfois, je me pose la question: de quoi aura l’air notre famille montfortaine dans 100 ans, en 2116? Les entités du nord qui ont fourni tant de missionnaires, qui ont jeté les bases de ce que nous sommes, sont aujourd’hui dans un état précaire. Plusieurs des jeunes entités sont des pousses fragiles. Que faire? Tournons-nous vers Montfort, qui a prié et même crié: « Liberos! Dieu notre Père, souvenez-vous de votre congrégation que vous avez possédée de toute éternité. Liberos! Seigneur Jésus, donnez des enfants à votre mère! Qu’est-ce que je vous demande? Des esclaves de votre amour et de votre volonté! Liberos! Esprit Saint, souvenez-vous de produire et former des enfants de Dieu avec votre divine et fidèle Épouse Marie! » (P.E. 1, 6, 8, 15).
Mes amis, notre force, c’est notre foi en ce « Père immanquable »! Qu’éclate dans tous nos cœurs cette foi du Père de Montfort!
img_27_1Chers amis, nous fêtons les 300 ans du décès de Montfort. Belle occasion pour se poser la question: Qu’aurait été Montfort sans Marie-Louise? Non seulement elle l’a soutenu de sa prière et de son amitié, mais elle lui a aussi appris bien des choses. Si Montfort, avec des paroles de feu, prêchait l’Évangile, Marie-Louise vivait l’Évangile avec peu de paroles, mais beaucoup de gestes. Gestes de courage, de générosité sans borne pour les plus petits que le monde oublie et marginalise. Ce qui unissait le plus profondément Montfort et Marie-Louise, c’était un amour commun, partagé, de Dieu et des pauvres. Leur amitié les a ouverts à plus qu’eux-mêmes. Montfort a crié: « Ouvrez à Jésus Christ! » Marie-Louise a crié: « Si j’étais étoffe, je me ferais vêtement pour les pauvres! » Et l’un et l’autre ont prié: « O Sagesse venez, le pauvre vous en prie! » Oui, mes amis, le plus bel héritage que nos fondateurs nous ont laissé, c’est un amour immense, un amour qui réchauffe et qui éclaire. Un amour qui veut embraser le monde. Qu’éclate dans tous nos cœurs cet amour de nos fondateurs!
imagesChers amis, ce qui me frappe quand je viens à Pontchâteau, ce sont ces beaux grands arbres qui nous entourent. Dans la Bible, Dieu dit à son peuple: « Je suis, moi, comme un cyprès toujours vert » (Osée 14, 9). Le vert, c’est la couleur de la vie et la couleur de l’espérance. Un grand poète français, Charles Péguy, a écrit, et je cite:
« La petite espérance s’avance entre ses deux grandes sœurs, la foi et la charité,
et on ne prend pas seulement garde à elle.
L’on n’a d’attention que pour les deux grandes sœurs.
Qui vont au plus pressé. Au temps présent.
Et on croit volontiers que ce sont les deux grandes qui traînent la petite par la main.
Au milieu. Entre les deux.
On ne voit pas au contraire,
que c’est elle qui entraîne ses grandes sœurs.
Et que sans elle, elles ne seraient rien. Que deux femmes déjà âgées.
C’est elle, cette petite espérance, qui entraîne tout.
Car la Foi ne voit que ce qui est.
Et elle, elle voit ce qui sera.
La Charité n’aime que ce qui est.
Et elle, elle aime ce qui sera ».
           Mes amis, je souhaite que ces célébrations fassent grandir en vous tous une espérance forte, une espérance têtue, qui tienne tête aux difficultés, aux échecs, à l’indifférence des uns, à l’agressivité des autres. Une espérance forte qui soutienne notre foi quand on a le goût de tout lâcher, une espérance profonde qui nous nourrisse à la source même de l’amour, quand on a le goût de se mettre au centre de tout et de fermer les yeux sur la souffrance ou la solitude des autres. Avec « la petite espérance », notre foi traversera la nuit, notre amour renaîtra constamment au fond de nos cœurs. Qu’éclate dans tous nos cœurs la puissante espérance de Montfort!