Au Revoir – Goodbye – Arrivederci Maddalena & Sr Vincy

Au Revoir – Goodbye – Arrivederci  Maddalena & Sr Vincy

Maddalena Del Grosso, la nièce du Frère Pietro Del Grosso, est arrivée à la maison généralice en 2000, lorsque le titulaire du poste de concierge a fait valoir ses droits à la retraite. Le passage du pouvoir aux mains des laïques s’est fait sans heurs mais peut-être pas sans douleur. Chacun se souvient encore du discours, resté fameux, du dernier frère portier, qui se disait tout heureux de transmettre le flambeau à une « belle portière ».

La belle portière s’appelait Maddalena. Mère au foyer, ses horizons se bornaient aux murs de sa propriété, elle s’est vite adaptée à son nouveau son poste. Sa perspective s’est brusquement élargie à la dimension du monde. Il a fallu se mettre à l’anglais, au français, et accueillir des visiteurs venant du monde entier : des frères, bien sûr, mais aussi les hôtes de la maison d’accueil. L’accueil, si important pour une maison généralice doublée d’une maison d’accueil, est devenu sa spécialité : être disponible, avoir réponse à tout et surtout sourire avec un zest d’humour en toutes occasions. Voilà le secret de la belle portière.

Sa position et sa connaissance de l’italien, ont fait qu’elle a dû se mettre en relation avec des entreprises, des hommes de loi, des agences diverses et variées. Elle a appris la législation, toujours complexe et mouvante, sur le tas.  Et il fallait une bonne dose de connaissance et de patience pour gérer les affaires de la maison d’accueil. Ferme et douce à la fois, Maddalena a su se faire apprécier de tous, tout en défendant les intérêts de la maison.

Se sentant fatiguée, elle a voulu prendre une retraite anticipée qui a malheureusement été commencée par un sérieux accident de santé aussi brusque qu’inattendu.  Bien que prise par surprise, l’épreuve a provoqué chez Maddalena un cheminement spirituel qui lui a permis de la vivre dans la paix. Elle pourra maintenant se livrer à son passetemps favori, la peinture.

Le vendredi 27 octobre, une manifestation de sympathie a réuni tous les frères présents à Rome et les membres du personnel qui, en la circonstance fêtaient aussi leur anniversaire, pour dire un au revoir et un merci sincères et émus à notre chère Maddalena. Dans un discours improvisé, elle a su dire combien elle avait apprécié les 17 années passées au service de la maison généralice. Elle y a trouvé une ambiance de travail à nulle autre pareille, « une bulle » dans laquelle il faisait bon vivre. Elle a vivement remercié tous les frères et les sœurs qu’elle a connus, sans oublier le personnel laïc.

Le poste de vigie de l’entrée de la maison est désormais vide. Nous regrettons tous Maddalena. Par la force des choses, elle était devenue irremplaçable. Alors l’administration centrale, dans une sage décision, a décidé de ne pas la remplacer. Le travail de réception et de contacts avec les organismes est désormais confié à la secrétaire, Stephania qui, pour le moment, fait face au surcroît de travail qui lui est demandé et nous lui en sommes reconnaissants.

Nous souhaitons à Maddalena une heureuse et longue retraite.

C’est en cette même 2017, que la communauté de la maison généralice perd une autre pièce maîtresse en la personne de Sœur Vincy. Sœur Vincy est un peu la sœur jumelle de Maddalena tant leur personnalité que leurs qualités se ressemblent. Elles se témoignent d’ailleurs une réelle affection qui va bien au-delà des activités partagées au quotidien. Sœur Vincy nous quitte aussi pour raison de santé.

Arrivée à Rome en 1982, avec le premier groupe des sœurs indiennes, voilà 35 ans donc, elle a fait trois séjours à Rome (1982-1988 ; 2000-2003 ; 2011-2017). Et a travaillé au service de la communauté pendant 15 années. Elle en est la mémoire vive pour ne pas dire l’incarnation de son esprit.

Moins exposées que « la belle portière », parce que vivant dans leur quartier réservé, au sous-sol de la maison, les sœurs, sous la conduite de Sœur Vincy qui a été la supérieure locale pendant de nombreuses années, ont toujours assuré, durant ces 35 années, une qualité de service que l’on peut qualifier d’exceptionnelle, 365 jours par an, quelles que soient les circonstances. Les sœurs ne nous ont jamais fait défaut que ce soit pour la cuisine, l’entretien du linge ou la décoration de la chapelle et tant d’autres menus services. Bien qu’elles sachent rester discrètes, leur dévouement témoigne de la qualité de leur vie spirituelle. Les sœurs prient longuement, mais aussi, de toute évidence, intensément.

Il n’est pas difficile d’imaginer le déracinement demandé à une jeune religieuse indienne, envoyée en mission en Europe ; l’intense effort d’adaptation qui est exigé. Cela passe par l’apprentissage indispensable de la langue italienne, différente en tous points du malayalam maternel, mais nécessaire si l’on veut prendre racines et réussir son insertion dans le pays. Il faut s’adapter à un nouveau mode de vie, à des habitudes qui peuvent sembler étranges. Il faut se dépouiller de ce qui donnait consistance à sa propre existence, à des valeurs de sa propre culture, pour se fondre dans une autre. Sœur Vincy l’a fait sans perdre son âme ce qui témoigne d’un bel équilibre personnel.

Comme supérieure, Sœur Vincy joue à plein son rôle de mère, tant pour la communauté des sœurs que pour celle des frères. Attentive à tout, elle sait fait preuve d’une grande délicatesse envers les uns et les autres. Elle vit pleinement la devise de sa congrégation : « Aimer et Servir ».

Avec le temps, l’usure du service se fait sentir. Les accidents de santé se font plus fréquents. A regret, il faut laisser tous ceux et celles que l’on a connus, briser les réseaux tissés au fil du temps, pour s’en retourner en Inde, où ses supérieures lui trouveront très certainement des missions adaptées à ses forces et à son état de santé. Nous allons regretter notre chère sœur Vincy, notre Madre.

Le supérieur général, au cours de la manifestation de sympathie organisée à l’occasion de son départ, a su lui témoigner la reconnaissance de la communauté pour sa disponibilité, pour la qualité de son service, son amabilité et pour son témoignage de vie religieuse vécue avec bonheur ! En toute circonstance, la sœur Vincy sait garder son calme et son sourire. Deux armes précieuses dans un groupe aussi complexe à vivre et à gérer que celui d’une maison généralice.

Son départ de Rome est prévu le 19 décembre. Elle sera remplacée par une autre sœur qui vient de la communauté de Florence et qui connaît donc déjà l’Italie et l’italien.

Nous souhaitons bon retour et bonne ré-acclimatation en Inde à Sœur Vincy et bienvenue à Sœur Céline.

F. Georges Le Vern,

Secrétaire général.